Prise du Capitole: Les avocats de Trump vont démontrer comment leur client n'est pas responsable. Video Arrivée au Sénat de l'équipe des "procureurs" démocrates du procès en destitution de Donald Trump. (Manuel Balce Ceneta/AP)

Prise du Capitole: Les avocats de Trump vont démontrer comment leur client n'est pas responsable. Video Featured

Written by  Fév 12, 2021

Au jour J3 dans le cadre du procès en destitution de Trump, l’accusation démocrate boucle son argumentaire. Elle n'a pas lésiné sur la diffusion de vidéos choc ou d’audios. Des documents parfois inédits, comme ces communications policières paniquées, ou ces images de vidéosurveillance du Congrès montrant les assaillants défonçant vitres et portes, s’engouffrant dans les couloirs du temple législatif américain. Venant souligner la violence de l’assaut, et rappelant à quel point les élus, ceux-là mêmes qui décideront de l’avenir politique de Donald Trump, ont été physiquement proches du danger.

Ce vendredi, la défense de l'ex président américain, Donald Trump va passer à l'offensive. Ils vont démontrer avec des arguments solides, comment ler client n'est pas responsable dans cette affaire du Capitole et les coupables restent les seuls manifestants. Même si les procureurs ont dépeint les insurgés du 6-Janvier 2021, loin d’une meute violente et anarchique, comme étant «aux ordres du président».

Ils ont montré comment les mots de Trump avant l’attaque ont été repris par ses sympathisants, vidéos, interviews, ou interrogatoires, pour ceux qui ont été arrêtés, à l’appui. Trump avait appelé ses partisans à manifester à Washington le jour où le Congrès devait enregistrer la victoire de son rival Joe Biden. «Vous ne reprendrez jamais notre pays en étant faibles, avait-il martelé. Vous devez montrer de la force.» Quelques instants plus tard, des centaines d’entre eux forçaient l’entrée du Capitole. Cinq personnes, dont un policier, sont mortes dans l’attaque. «Nous avons été invités par le président des Etats-Unis», hurle par exemple l’un d’eux au mégaphone, sur une vidéo qu’il a lui-même partagée sur les réseaux sociaux. «Trump nous a envoyés, affirme un autre. Il va être content: nous nous battons pour lui».

Pendant deux jours et douze heures au total, la poignée d’élus démocrates de la Chambre des représentants jouant le rôle de «procureurs» dans cette procédure, a cherché à démontrer aux sénateurs (les «jurés»), la responsabilité de l’ex-président dans l’assaut meurtrier du Capitole, le 6 janvier. Constituant, selon eux, l’un de ces «hauts crimes et délits graves» passible, comme le prévoit la Constitution, de destitution voire d’inéligibilité à de futures fonctions.

De nombreuses vidéos circulent depuis le jour de l’assaut, mais la compilation présentée par les procureurs démocrates, mercredi et jeudi, est une éloquente reconstitution, presque minute par minute, de l’une des journées les plus effrayantes de l’histoire récente du pays. Point de fastidieux exposé constitutionnel, comme ce fut le cas l’an dernier pour le premier impeachment de Trump dans le cadre de l’affaire ukrainienne. Mais une présentation crue, frontale et viscérale, des événements. Comme lorsqu’on voit les insurgés se battre avec les policiers, ceux-ci suppliant d’avoir du renfort. Parcourant les couloirs du Capitole en scandant «Pendez Mike Pence !», l’ex vice-président de Trump qui venait de s’engager à respecter la certification de la victoire de Biden, taxé en réponse de «traître» par les pro-Trump. Ou ces menaçants «Où es-tu, Nancy ?», à l’adresse de Nancy Pelosi, la Speaker démocrate de la Chambre des représentants, honnie par les partisans de l’ex-président.

«Trump savait exactement ce qu’il faisait en encourageant les événements du 6 janvier, a martelé Jamie Raskin, leader de l’accusation démocrate et orateur très remarqué. Si nous ne fixons pas de limite ici, que se passera-t-il ? Qu’est-ce qui vous fait penser que ce cauchemar de Donald Trump et sa meute violente est terminé ? […] Le 6 janvier n’a pas été une rupture inattendue d’une quelconque disposition normale, pacifique et respectueuse de la loi. C’est son état d’esprit. C’est son mode opératoire fondamental.» Puis, dans une vibrante conclusion : «Y a-t-il un leader politique dans cette pièce qui croit vraiment que s’il est autorisé par le Sénat à retourner dans le Bureau ovale, Donald Trump cessera d’appeler à la violence pour parvenir à ses fins ?».

L’un des avocats de l’ex-président, David Schoen, a jugé que l’accusation avait été «insultante», qu’elle cherchait à «déchirer le peuple américain», et qu’elle n’était «parvenue à faire aucun lien avec Trump». La défense pourrait en effet, ce vendredi, chercher à faire porter la responsabilité des violences aux seuls manifestants.

Joe Biden, qui reste à distance du procès, a néanmoins concédé jeudi qu’il en avait regardé des extraits. «Je crois que le Sénat a une tâche très importante à accomplir, a noté le président, avançant que, devant les vidéos, certains sénateurs «pourraient avoir changé d’avis» sur leur vote final. Les visionner a «ravivé ma colère, une grande colère», a par exemple affirmé Dan Sullivan, sénateur républicain de l’Alaska.

Mais aussi implacable qu’a pu être la démonstration démocrate, la destitution reste, avant tout, une procédure politique. L’acquittement de Donald Trump est probable : une majorité des deux tiers en en effet requise pour un verdict de culpabilité, et les 50 sénateurs démocrates auront le plus grand mal à convaincre 17 de leurs collègues républicains de voter avec eux. Si une poignée d’entre eux paraît prête à le faire, la plupart des élus du Grand Old Party semblent vouloir se réfugier derrière des arguties juridiques pour voter contre la destitution, sans avoir l’air de cautionner les violences du Capitole. Émus et choqués pour certains mercredi, plusieurs ont montré un franc désintérêt à la présentation des démocrates jeudi. «Pour moi, plus ils parlent, plus ils perdent en crédibilité», a tancé le sénateur de l’Oklahoma James Inhofe. De son côté, son collègue Rick Scott a ostensiblement passé l’après-midi à inscrire les noms des pays sur une carte vierge de l’Asie.

Preuve de la proximité de certains sénateurs républicains avec le camp de l’ex-président, trois d’entre eux se sont réunis, jeudi soir, avec les avocats de Trump : Lindsey Graham (Caroline du Sud), Ted Cruz (Texas) et Mike Lee (Utah), trois fidèles du milliardaire républicain. «Des types très sympathiques», les a qualifiés David Schoen, affirmant qu’il n’y avait là rien d’inapproprié. Les sénateurs auraient simplement voulu s’assurer qu’ils «connaissaient bien la procédure».

https://youtu.be/m26mFKKJyZU

Infos Sport

Conseils des Ministres

Calender

« March 2021 »
Mon Tue Wed Thu Fri Sat Sun
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31