Au Mali, les autorités de ce pays ont pris la bonne et sage décision, celle suspendant jusqu’à nouvel ordre les activités de tous des partis politiques sur l’ensemble du territoire national. La mesure a été annoncée par le Décret N°2025-0318/PT-RM, signé par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi GOITA.
Loin d’être un acharnement ou une interdiction au multipartisme au Mali, la suspension des activités des partis politiques jusqu’à nouvel ordre n’est ni une interdiction définitive, ni une remise en cause du pluralisme. Au contraire, la décision vise à éviter le désordre public.
Et Alhamdou Ag Ilyène, ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration a rencontré les organisations de la presse. Il a apporté plus de lumières sur la décision que des leaders de politiques tentent d’exploiter maladroitement pour des fins dont eux seuls maîtrisent.
A propos de la suspension des activités des partis politiques, ce membre du gouvernement n’a pas tourné sa langue par 7 fois. Selon lui, la décision n’est ni une interdiction définitive, ni une remise en cause du pluralisme. Au contraire, la décision faut-il le dire, s’appuie sur l’article 39 de la Constitution, qui encadre strictement le rôle des partis politiques en leur assignant le devoir de respecter les principes fondamentaux de souveraineté nationale, d’intégrité territoriale, d’unité nationale, de démocratie et de laïcité.
D’après Alhamdou Ag Ilyène, la Loi n°05-047 du 18 août 2005 portant Charte des partis politiques, qui constitue la base légale de leur action, a été abrogée en conseil des ministres le 30 avril dernier, conformément aux recommandations des forces vives de la nation réunies à Bamako les 28 et 29 avril.
« Cette suspension n’est ni une interdiction définitive, ni une remise en cause du pluralisme. Il s’agit d’une mesure conservatoire, prise pour préserver la paix sociale, empêcher tout trouble à l’ordre public et éviter que les groupes terroristes profitent pour déstabiliser le pays », a assuré le chef du département chargé de la Communication. Alhamdou Ag Ilyène ajoutera qu’il sera procédé incessamment à la relecture et à l’adoption d’un nouveau cadre juridique et institutionnel, plus adapté aux réalités du Mali et aux ambitions de refondation de notre démocratie.
Mieux, il souligne que les écoutes ont commencé au niveau du Conseil national de Transition (CNT) afin qu’une loi soit sortie le plutôt possible pour gérer les partis politiques et la vie politique nationale afin qu’elle soit plus appropriée et plus conforme aux intérêts du peuple malien. Pour le ministre, l’abrogation de la loi portant Charte des partis politiques répond à une demande forte des Assises nationales de la refondation (ANR), qui ont recommandé une révision en profondeur de l’organisation des partis politiques, en vue de garantir la moralisation de la vie publique et la consolidation de l’intérêt général.
Le ministre a également précisé que le décret s’applique aux partis politiques, aux associations et organisations se réclamant d’un caractère politique dans un souci de cohérence et d’équité. « Sa mise en œuvre permettra de prévenir les troubles, de protéger le processus de refondation et de poser les bases d’un nouveau cadre démocratique plus adapté », at-il expliqué.
Avant d’inviter les médias à accompagner le gouvernement avec lucidité et responsabilité. Pour Alhamdou Ag Ilyène, notre pays a besoin de paix, de discernement et d’un climat de confiance pour réussir sa refondation. Pour ce faire, le rôle des médias est crucial pour informer, rassurer et mobiliser le peuple malien autour du Mali.
Et le patron du département chargé de la Communication de donner les fortes assurances des autorités à poursuivre la construction démocratique de notre pays par une meilleure réorganisation des partis politiques leur permettant de jouer pleinement leur rôle d’animateurs de la vie politique.
Assurant que le multipartisme ne sera pas remis en cause dans notre pays, Alhamdou Ag Ilyène a fait savoir que cette suspension sera levée dès que les conditions qui l’ont nécessitée prendront fin. « Nous travaillons au niveau du gouvernement pour que nous sortions le plus rapidement possible de cette situation », a-t-il déclaré. Cette rencontre a enregistré la présence du président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté.
Rappelons que, la décision de suspension des activités des partis politiques intervient une semaine après une autre relative à l’adoption, toujours en conseil des ministres, d’un projet de loi portant abrogation de la Loi n°05-047 du 18 août 2005, portant Charte des partis politiques et de la Loi n°2015-007 du 04 mars 2015, portant Statut de l’opposition politique. C’était sur le rapport du ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Réformes politiques et du Soutien au Processus électoral, au lendemain de la fin de la phase nationale de la consultation des forces vives de la Nation.
Avec L’Essor
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