Procès du putsch manqué au Burkina Faso: Jean Dégli met à nu la Justice du parquet militaire Featured

Written by  Aug 09, 2019

L'avocat togolais, Me Jean Yaovi Dégli tâcle sévèrement la justice militaire du Burkina Faso  avande de la dénuder du fait qu'elle bafoue les règles d’une justice compétente, indépendante, impartiale et équitable telles que l’exige l’Etat de droit que veut désormais le Burkina Faso. Défenseur du général Gilbert Diendéré dans le cadre du procès du putsch, l'avocat togolais et ses collègues étaient face  à la presse  pour dénoncer la violation des règles de la justice dans le cadre du procès du putsch.

"En dehors donc du caractère public du procès et de la possibilité qui lui a été donnée d’être entendu par la juridiction de jugement, la plupart des principes élémentaires d’une justice équitable ont littéralement été violés", a déclaré l’avocat.

Selon Jean Dégli, tout bon procès exige selon lui, le respect de certains principes fondamentaux garantis par les textes internationaux tels la présomption d’innocence, le libre choix de son conseil et la possibilité pour l’accusé de pouvoir interroger les témoins à charge et les témoins à décharge dans les mêmes conditions.

Le parquet militaire, malgré tous les moyens mis à sa disposition dans la recherche des preuves, a-t-il fait savoir, « a été radicalement incapable de prouver la culpabilité de Général au-delà de tout doute raisonnable comme l’exigent les standards internationaux et nationaux dans un Etat de droit"

Son client reconnait avoir assumé « la vacance du pouvoir à la suite des évènements de septembre 2015 afin d’éviter le chaos ».  Ce qui corrobore parfaitement avec les déclarations faites par l’ex-Président Jean Baptiste Ouédraogo dans l’arrêt de renvoi qui n’a jamais été apporté au jugement, a-t-il relevé.

N’ayant donc pas participé  à un complot de quelque nature que ce soit, souligne l’avocat, l’accusation d’attentat à la sûreté de l’Etat ne peut être valablement constituée, car selon les stipulations des articles 109 et 110 du nouveau code pénal burkinabè, tout attentat à la sureté de l’Etat suppose au préalable le complot formé par deux ou plusieurs personnes.
Défendre le Général Diendéré « gratuitement »

Face au Général Diendéré, le parquet militaire s’est comporté, a-t-il laissé attendre, « comme celui qui amène ses bêtes à l’abattoir et qui reste persuadé que quelles que soient les circonstances, ses animaux finiront par être abattus ».

Au vu de ce qui précède, Jean Yaovi Dégli demande à la justice de  juger son client selon « ce qu’il a fait » en vertu du principe de la responsabilité pénale personnelle car,  en droit « on n’est responsable que de son propre fait ».

La justice, ajoute-t-il, ne se résume pas seulement à punir car elle a d’autres fonctions. Et au regard du contexte actuel du Burkina, la justice devrait être équilibrée avec  la paix, la tranquillité et la réconciliation. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a été mis en le processus de « vérité, justice, réconciliation ».

A la question de savoir si Dr. Jean Yaovi Dégli percevait des honoraires, il a précisé qu’il « défend le Général gratuitement ».

TGT avec Burkina Faso

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