Le débat autour du FCFA devient virulent au point que les langues se lient et se délient. Si Alassane Ouattara, président de la Côte d'iVoire, ancien directeur général administratif de la BECEAO ne partage pas du tout les critiques, il faut reconnaître que, sa position est celle que l'ex président Laurent Gbagbo avait déjà exprimé.  

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont sortis de prison ce vendredi. Une sortie qui est célébrée par les sympathisants dans cette vidéo

Le verdict de la Cour pénale internationale (CPI) est connu: Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont acquittés. Une libération qui suscite espoir chez les pro-Gbagbo. En dehors des frontières ivoiriennes, cette joie, cet espoir est celui qu'expriment les amis de l'ex président Laurent Gbagbo

Ouf de soulagement pour les proches de l'ancien président Laurent Gbagbo et de l'ex ministre de la jeunesse, Charles Blé Goudé. Ce 15 janvier 2019, la Cour pénale internationale a pris la décision de la mise en liberté immédiate de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé.

La Cour pénale internationale (Cpi) rendra ses décisions le 15 janvier 2019, sur les demandes de mise en liberté provisoire et les demandes d’acquittement formulées par les équipes de défense de Laurent Gbagbo et Blé Goudé, annonce un communiqué de la Cpi.

L'ancien président ivoirien en prison à la Cpi fait quelques confidences sur la vision de son avenir. Il n’exclut pas un retour en politique s’il est acquitté.

Devant les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ce 1er octobre 2018,l'ex président ivoirien Laurent Gbagbo va demander son acquittement. En prison avec son ministre de la jeunesse, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont accusés de crimes contre l'humanité. C'était dans  les violences survenues après les élections  présidentielle de 2010 en Côte d'ivoire. De sources bien informées, M Gbagbo et Blé Goudé demandent leur acquittement avant même d’avoir présenté leurs témoins à décharge. Les juges devront décider, dans les prochains mois, si le procès intenté contre les deux hommes doit ou non se poursuivre.

Comme à chacune des grand-messes de ce procès-fleuve, les partisans de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont promis de venir en nombre à La Haye. Et comme si l’affaire était déjà entendue, les spéculations sur l’issue des audiences qui s’ouvrent le 1er octobre vont bon train. Après l’audition, pendant deux ans, des témoins du procureur, les avocats des deux accusés auraient dû appeler à la barre leurs témoins à décharge. Mais au printemps dernier, ils contestaient dans le détail la thèse et les preuves du procureur, et demandaient aux juges de prononcer l’acquittement.

La question posée aux trois juges pourrait se résumer ainsi : existe-t-il des preuves qui, à ce stade de l’affaire, permettraient de condamner les deux accusés ? Si tel est le cas, les avocats de l’ex-président ivoirien et de son ancien ministre devront alors appeler leurs propres témoins pour contrer les preuves de l’accusation. Si les juges devaient décider qu’aucune preuve ne permettrait de condamner, les deux hommes seraient acquittés. Au cours des six derniers mois, quelque 3 000 pages de mémoires ont été déposées par les parties. Le substitut du procureur, Eric McDonald, demande aux juges de regarder les preuves dans leur globalité, de refaire donc le puzzle des pièces qu’il a présenté au cours des deux premières années de ce procès ouvert fin janvier 2016.

Le plan du procureur

Vendredi soir, la Cour a rendu publiques 2 000 pages de mémoires de l’accusation et de la défense. Pour le procureur, Laurent Gbagbo aurait, avec son cercle proche, élaboré un plan pour conserver le pouvoir. L’ancien président aurait mis en place une politique d’Etat visant des civils ivoiriens, partisans de son concurrent à la présidentielle de 2010, Alassane Ouattara. C’est cet élément politique qui fait que les meurtres, les viols, les persécutions et les actes inhumains dont les deux hommes sont accusés peuvent être qualifiés, ou non, de crime contre l’humanité.

Mais au cours de l’audition des témoins à La Haye, le procureur a eu le plus grand mal à démontrer l’existence d’un tel plan. Dans son mémoire, il assure qu’une telle « politique ne nécessite pas d’être explicite, elle peut être déduite ». Pour l’accusation, le mode opératoire des forces de sécurité ivoiriennes, police, armée, gendarmerie, des miliciens et des jeunesses pro-Gbagbo, permettrait de déduire de l’existence d’une politique criminelle, comme la réquisition de l’armée avant le second tour de la présidentielle, l’entraînement de recrues au cours de la crise, la rhétorique des deux accusés - M. Gbagbo assurant qu’il ne quitterait pas le pouvoir – et l’absence de punition des crimes commis dans les rues d’Abidjan.

Les liens entre les deux accusés

En face, la défense assène depuis des mois qu’en mobilisant ses forces, son armée et sa police, Laurent Gbagbo n’a fait qu’accomplir ses devoirs de chef d’Etat. Maître Altit bataille aussi dans son mémoire contre les liens qu’auraient eus les deux accusés. Si un chef d’Etat peut légitimement activer ses forces armées, l’activisme des Jeunes patriotes, de mercenaires et de miliciens s’avère plus difficile à justifier. L’accusation a fait enregistrer au dossier des reçus pour des fonds provenant du cabinet de la présidence à destination de différents groupes, qui « sont indicatifs de liens entre la présidence de M. Gbagbo et la milice », notamment du Groupement patriotique pour la Paix (GPP), fort de 18 000 membres pendant la crise, selon un témoin contesté de l’accusation. Le long témoignage de Spider ou l’Araignée, de son nom de guerre, ou P435, selon le pseudonyme donné par la Cour pour sa protection, a été largement contesté par les avocats, qualifié de « voyou pratiquant le racket et l’extorsion ».

De leur côté, les avocats de Charles Blé Goudé assurent que les opérations menées par les Jeunes patriotes visaient à « protéger la population des forces rebelles ». Forces menées par Guillaume Soro, et sur lesquelles le procureur a constamment fait l’impasse au cours du procès. Mais pour l’avocat de Laurent Gbagbo, « le fait que les rebelles n’aient pas désarmé », depuis la tentative de coup d’Etat de 2002, qui avait scindé le pays en deux, « constituait une menace », expliquant les actes de l’ancien président. Maître Altit attaque aussi le rôle de la France, « maître du jeu » de l’histoire ivoirienne. Et dénonce « les silences du procureur ». Aucun témoin français, civil et militaire, n’a été appelé à la barre, reproche l’avocat parisien. « C’est un peu comme si le rôle des Etats-Unis ou de la Chine était tu au cours d’un procès sur la guerre de Corée. »

Retrait des charges pour Abobo

Dans son mémoire, le procureur signale le retrait de ses accusations contre Charles Blé Goudé pour les crimes d’Abobo, la répression, en mars 2011, d’une manifestation de femmes, et le bombardement d’un marché. Le procureur explique en outre qu’il « ne nie pas que des groupes armés d’opposition, y compris le "commando invisible" basé à Abobo, attaquaient les FDS [Forces de défense et de sécurité]. » Mais  leur présence « ne peut en aucun cas excuser ou justifier les crimes » reprochés.

Quelle sera l’issue de ces audiences ? Si les juges estiment que les preuves présentées jusqu’ici pourraient conduire à une condamnation totale ou partielle, le procès se poursuivra avec l’audition des témoins de la défense. Autrement, ils devraient acquitter les accusés et ordonner leur libération. Quelle que soit la décision à venir, qui selon une source à la Cour pourrait être rendue en décembre ou début janvier, le procureur ou la défense pourront faire appel. La conclusion définitive du procès n’est donc pas pour demain.

Mais les spéculations autour d’un acquittement proche des deux accusés ont fait réagir les avocats de l’Etat ivoirien. « Il faut à la fois se garder de réécrire l’histoire et de l’écrire à l’avance », écrivent-ils dans un communiqué. Jean-Pierre Mignard, Jean-Paul Benoit et Pierre Emmanuel Blard, dénoncent le « coup de bluff » de la défense. « Le procès qui rentre dans sa dernière phase doit se poursuivre jusqu’au bout et aucun artifice ne le fera dévier », assurent-ils.
Source: avec RFI

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Après son épouse Simone Gbagbo amnistiée par les autorités ivoirienne, c’est le tour de son mari Laurent Gbagbo qui regagnera son pays après son éviction du pouvoir par les forces armées de la rébellion avec le soutien de celles françaises.

Le procès de l'ex président ivoirien, Laurent Gbagbo à la cour pénale internationale (CPI) a repris ce lundi 04 décembre 2017 après son report le 06 novembre dernier  en raison de l’absence du juge Geoffrey Henderson.

La grande surprise lors de la reprise ce lundi, c'est les larmes versées par Sira Drame, conseillère municipale à Abobo. Témoin à charge, elle a donné sa version des faits sur la marche des femmes à Abobo sans oublier  celle sur la Radio télévision ivoirienne (RTI).

Selon la conseillère, "les manifestants qui ont pris part à la marche sur la  télévision nationale (RTI) n’étaient pas armés. Avant cette marche, les soldats de Laurent Gbagbo ont bastonné des militants du Rassemblement des Houphouëtistes au siège du parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Certains militants y ont laissé leurs vies". Et d'ajouter: "En 2004, nous sommes sortis pour soutenir les accords de Linas Marcoussis et à notre grande surprise on a été bombardé par des Mi 24. … Durant la crise poste électorale, 56 femmes ont été tuées par les militaires de Laurent Gbagbo. Je connais certaines qui ont reçu des balles dans leurs parties intimes….j’ai été témoin de tout ceci".

Pour ce qui concerne la marche des femmes d’Abobo,  la témoin dit : "Les manifestants n’étaient pas armés. On s’est dit qu’avec les femmes, les militaires n’oseront pas tirer mais malheureusement après le passage d’un cargo de l’armée,  j’ai entendu un bruit. C’était un mortier qui venait d’être tiré sur nous (elle fond en larme…l’audience est suspendue)".

Pour rappel depuis 2011, Laurent Gbagbo et Blé Goudé sont détenus à la Haye dans le cadre d’un procès pour crimes contre l’humanité

La rédaction

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