Atakpamé: un bras de fer entre les revendeuses de légumes du marché de Blakpa et le maire de la ville s'installe. Featured

Written by  Jul 10, 2018

Un bras de fer se poursuit actuellement entre les revendeuses de légumes du marché de Blakpa à Atakpamé, une ville située à 160 km de Lomé, et le maire de cette ville qui entrevoit un projet d’évacuation de ces femmes vers le marché d’Agbonou.

Ces revendeuses de légumes qui sont prêtes à en découdre avec le maire s’il tenait coûte que coûte à réaliser son projet, manifestent leur ras-le-bol. Elles estiment que le projet en question leur sera préjudiciable puisqu’elles en ont été déjà victimes dans un cas pareil.

Approché par l’un de nos confrères, les revendeuses de légumes ciblées par ce projet et le promoteur, le maire de la commune d’Atakpamé ont donné leur version des faits. Il y a environ un mois, M. Adjonou Kassegne, maire de la ville d’Atakpamé, est allé annoncer aux femmes revendeuses du marché de Blakpa, son intention de les déplacer vers le marché Agbonou, situé égalemnt à Atakpamé, ce qui n’a pas du tout recueilli l’assentiment de ces dernières qui font savoir qu’elles ont une fois été victimes d’un projet pareil qui les avait complètement ruiné.

« Nous sommes dans ce marché, il y a plus de 30 ans. Actuellement, c’est difficile car nous ne vendons plus comme avant. Nous roulons sur des prêts des institutions de micro finance et c’est en ce moment même que le maire vient nous dire qu’il va nous déplacer vers le marché d’Agbonou.

Par exemple, si quelqu’un veut payer adémè 100F, il va monter sur un taxi moto pour aller jusqu’à Agbonou, ce n’est pas logique. C’est Blakpa qui est le marché d’Atakpamé depuis fort longtemps. Aujourd’hui, il nous renvoie, nous ne pouvons pas l’accepter. Nous avons appris qu’il veut casser le hangar et construire des magasins pour les commerçants nigériens, ce que le préfet n’a pas accepté », a confié une revendeuse du marché au confrère.

Le maire d’Atakpamé, Adjonou Kassegné confirme l’existence dudit projet qui prévoit effectivement la délocalisation des revendeuses de légumes du marché de Blakpa vers un autre endroit qui les agrée afin de pouvoir ériger de nouveaux magasins sur les lieux.

Pour, il est vrai que c’est les commerçants nigériens qui alimentent l’économie de la ville, mais il n’a jamais l’idée de chasser les bonnes femmes qui sont aussi dans leur rôle. 

« J’ai effectivement approché les bonnes dames et je leur ai dit que nous voulons construire des magasins pour embellir l’endroit. On s’était entendu et je leur ai dit d’aller elles-mêmes faire le tour de la ville pour trouver le lieu où nous pouvons les caser en entendant qu’on fasse les travaux.

Après trois jours, le préfet m’avait informé que les femmes sont venues lui dire que je veux les chasser du marché, ce que je n’ai jamais dit. C’est suite à ça que le préfet et moi avons fait le tour de ville pour voir si le projet tenait où on va les caser. Même si j’ai cette intention, il ne m’appartient en tant que fils du pays de chasser les revendeuses du marché de Blakpa.

C’est vrai que c’est les étrangers qui tiennent notre économie ici, mais ce n’est pas pour cette raison que je vais chasser les bonnes femmes, elles sont aussi dans leur rôle », a-t-il indiqué.

Ces femmes revendeuses qui sont intolérantes vis-à-vis de ce projet estiment que ce sera une erreur grave de les chasser des lieux.

« Si le maire n’accepte pas que nous restons ici, ce sera la guerre entre. Nous n’allons pas accepter qu’il nous déloge. Nous avons des choses d’autrui chez nous que nous devons écouler.

Si nous acceptons d’aller à Agbonou, chaque jour nous allons transporter nos marchandises par des camions, c’est inadmissible. Tout le monde fait son petit besoin au marché et c’est ici que nous trouvons des petits moyens pour l’éducation de nos enfants » a laissé entendre une autre femme.

Ces dernières ne sont néanmoins pas contre la réhabilitation du marché.  Elles proposent à la municipalité de construire un immeuble de 3 étages et réserver le bas aux vendeurs condiments, des légumes et autres, le premier étage aux vendeurs des produits cosmétiques et vestimentaires et le 3e étage aux commerçants nigériens.

Une proposition qui reçoit l’adhésion du maire si et seulement si les femmes sont disposées à coopérer.

« Ce qu’elles proposent c’est bon mais c’est de l’argent. Pour moi, c’est qu’on arrive à un compromis pour que l’endroit soit sécurisé. Leur idée n’est pas rejetée », a conclu le maire.

Informations recueillies par le confrère Rodrigue AHEGO

Togotimes, l'information en temps réel

Infos Sport

Facebook

Calender

« August 2018 »
Mon Tue Wed Thu Fri Sat Sun
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31