Togo/Election au Conapp: "Je crois que l’amour de la vérité et le bon sens vont conduire les électeurs à faire le bon choix", Gérard Weissan Featured

Written by  May 15, 2018

Dans une interview exclusive, Gérard Weissan, directeur de publication de SIKA’A Magazine, candidat au poste de la présidence du Conseil National des Patrons de Presse, a tout comme  deux autres candidats, a accepté volontier répondre à certaines de nos questions dans le cadre de cette élection. L'élection aura le 18 mai prochain. Il nourrit beaucoup d'ambition dans son programme pour la presse togolaise. Lecture 

Togotimes.info: Vous êtes l’un des 4 candidats au poste de président du Conapp. Quelles sont les raisons qui vous ont motivé?

Gérard Weissan : Les vraies  raisons, elles sont simples. D’abord je suis journaliste  et patron  de presse. De par mon âge et de par mon parcours,  je suis quand même un vieux dans le métier. J’ai plus d’une dizaine d’années derrière moi dans le journalisme. Je me suis dit que je peux être utile pour notre corporation qui ne marche pas du tout. Vous êtes un confrère et vous connaissez les affres de ce métier chez nous, quand on le compare à ce qu’il est dans d’autres pays. Ça ne va pas du tout. Il faut des gens courageux pour prendre des décisions courageuses pour que les choses changent.

Prendre des décisions courageuses. Expliquez-nous un peu

Prendre des décisions  courageuses, je pense que cela passe d’abord par le travail que nous fournissons. Pour caricaturer un peu la chose, disons qu’aujourd’hui, le journaliste togolais  est  devenu un mendiant ; il passe de bureaux en bureaux, de personnalités à personnalités pour demander sa pitance, son pain quotidien. Ce n’est pas bien. Nous-mêmes en tant que journalistes, nous sommes des personnalités. Alors, pourquoi tombons-nous si bas, dans cette condescendance? Le journaliste doit retrouver sa dignité, et dès qu’il est digne, vous verrez que tout le monde va le respecter et courir derrière lui. Mais pour l’instant, c’est nous plutôt qui courons derrière les gens pour quémander ce que nous appelons bitos.

Pour moi, quand on voit un journaliste, que les  gens aient du respect, et même la crainte. Qu’on nous donne ce que nous méritons. Regardez l’aide de l’Etat à la presse ; c’est ridicule! On nous donne cette somme ridicule, parce qu’on n’a pas du respect pour le travail que nous faisons. Pour les décideurs, nous ne sommes que de lamentables bitosards.

Si vous êtes élu le 18 mai 2018, quel sera le premier chantier à entamer ?

Le premier chantier sera de mettre sur pied des rencontres avec les confrères; il y a des organismes  internationaux qui sont-là  et qui peuvent nous aider à organiser des  vraies tables rondes dignes de nom, tables rondes qui vont nous permettre d’échanger et passer en revue  nos problèmes. Ce sera l’occasion de voir la perception que nous avons  de nous-mêmes et de notre profession. Ce chantier qui sera un travail à la fois psychologique, pédagogique et pratique est très nécessaire. Notre problème n’est pas que financier. Quand un enfant est convaincu  qu’il est bête, il ne va pas bien travailler à l’école, même si vous lui acheter toutes les fournitures scolaires. C’est ce qui nous arrive. Nous devons rapidement prendre conscience de notre importance dans le travail de développement socioéconomique.

Ensuite, nous parlerons avec les autorités  au sujet de l’aide de l’Etat à la presse pour voir ce qu’il y a lieu de faire. Il y a la messagerie que nous devons aussi rapidement mettre sur pied.

Face à 3 candidats, quelles sont vos chances de gagner ?

Mes chances de réussite sont entières ; moi j’avance avec conviction. SIKA’A n’a pas d’argent à  distribuer. SIKA’A a toujours évolué dans l’honnêteté et on est connu pour cela. Je pense devenir président, même si, selon les informations que j’ai, il y a des candidats qui sillonnent les villes et déploient  des moyens qui sont au-delà des moyens de journalistes, pour battre campagne.

Je crois que l’amour de la vérité et le bon sens vont conduire les électeurs à faire le bon choix.

Aujourd’hui, nous sommes divisés au sein de la corporation. Des patrons de presse ne sont pas en mesure de se retrouver autour d’une table pour parler de l’avenir du métier. Que comptez-vous faire pour ramener la sérénité au sein de la profession?

Le grand problème de notre corporation, c’est l’injustice. Partout où il y a injustice, il y a aussi division. Celui qui dirige le Conapp doit arriver à freiner ce que nous appelons les bitos de journaliste, c’est-à-dire les affaires louches et les compromissions pour gagner de l’argent. Si cela est fait, les choses iraient beaucoup mieux. Si les  journalistes savent qu’ils ne sont pas là pour permettre aux autres de se régler les comptes, s’ils comprennent qu’ils doivent servir les intérêts de leurs propres entreprises, en sauvegardant leur dignité, je vous assure qu’il y aura moins de conflits et d’inimitié.

Résumez-nous en 4 points essentiels, votre programme

Mon programme passe avant tout par  la dignité dont je vous parlais. Il s’agit de la déontologie et du travail bien fait. Il faut que les patrons de presse sachent qu’ils sont des personnalités, des gens importants, tout comme les DG ou les ministres. Il y a un travail que nous allons faire dans ce sens pour redonner ses lettres de noblesses à la corporation et au Conapp. Nous organiserons dans un premier temps, des assises et des rencontres avec des spécialistes, tant nationaux qu’étrangers pour nous orienter vers un patronat de presse plus responsable et plus respecté. Tout comme il est prouvé que le développement d’un pays dépend des mentalités, le développement de la presse aussi est quelque part, une question de comportement. C’est indéniable.

L’aide de l’Etat à la presse et la messagerie seront les deux autres chantiers. Trois chantiers pour un mandat de deux ans, c’est largement suffisant (Rire…)

La subvention à la presse, c’est un droit, parce que nous faisons une œuvre d’utilité publique. Les patrons journalistes doivent comprendre que cette subvention a pris jusqu’ici des allures de faveur, juste parce que nous ne nous en montrons pas dignes, en jouant réellement notre partition dans l’œuvre de progrès social.

La messagerie, nous la créerons et les journaux seront vendus un peu partout dans le pays, surtout que leurs contenus seront améliorés et plus crédibles.

A Combien vous voulez que l’aide de l’état à la presse soit porté par exemple ?

Je ne saurai vous le dire ; mais je pense quand même que 100 millions  de cfa, c’est trop  dérisoire. C’est même se moquer de la presse. Il faut mettre les médias dans de meilleures conditions. Au Togo, on a l’impression qu’un petit menuisier est mieux qu’un journaliste ; et pourtant, la plupart   des journalistes ont au moins le Baccalauréat. Des pays comme le Burkina Faso, le Sénégal, le Bénin ont dépassé les 500 millions au moins.

Un message à l’endroit de vos électeurs et à l’ensemble de la corporation?

A l’endroit des électeurs,  je dis ceci : ceux qui viennent vous remettre de l’argent pour voter pour eux, prenez cet argent, mais interroger votre conscience avant d’agir. Il  faut voter un candidat qui puisse faire quelque chose pour la corporation, et non un candidat qui sera élu et après, c’est seuls lui et 2 ou 3 proches amis de lui qui vont se sucrer.

Les bitos ne sont pas notre avenir. Avec les réseaux sociaux et les temps qui changent, le journalisme de bitos n’aura plus d’avenir dans 2 ou 3 ou 4 ans. Mettons-nous à l’œuvre pour faire de nos organes de presse, des entreprises systémiques, c’est-à-dire des structures dont l’Etat aura toujours besoin pour agir et faire avancer le pays.  Je vous remercie.  

Propos recueillis par A Yao

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Last modified on Tuesday, 15 May 2018 11:53

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