Après la rencontre avec les facilitateurs, Jean Pierre Fabre et Mme Adjamagbo livrent une guerre médiatique contre M Bawara. Que gagne le peuple? Featured

Written by  Jun 29, 2018

La coalition des 14 de l’opposition et le gouvernement et le parti au pouvoir, Union pour la république (Unir) étaient face aux présidents ghanéens et guinéens, deux facilitateurs désignés par la Cédeao à Lomé mercredi dernier.  Au terme de cette rencontre, un communiqué a été produit engageant à la fois l’opposition et le gouvernement.

Prenant acte de ce qui concerne certainement le gouvernement, le point focal du gouvernement au dialogue, Gilbert Bawara s’est confié  à la presse. Dans sa sortie médiatique, le ministre a laissé entendre que, tout sera mis en œuvre pour que les élections aient lieu avant fin novembre comme précisé dans le communiqué de la rencontre. Mais voilà. Cette sortie qui ne vient que s’inscrire dans la logique de ce qui est dit dans le communiqué, n’a pas plu aux leaders de la coalition des 14 notamment Jean Pierre Fabre et Mme Adjamagbo Kafui Brigitte.

Selon le ministre Bawara, à l’avenir, tous les efforts vont converger vers l’organisation et la tenue des élections dont une date a été indiquée (…). Nous allons œuvrer et travailler pour que, d’ici fin novembre 2018, les togolais  puissent aller aux urnes et s’exprimer ».

C’est cette déclaration qui a suscité la réaction vive de la coalition jeudi lors de la traditionnelle conférence de presse de ce regroupement de l’opposition. Répondant au ministre Bawara, c’est Mme Adjamagbo qui ouvre le compteur des réactions.

Selon Mme Adjamagbo, la date d’avant fin novembre est indiquée à titre indicative par les facilitateurs. « Nous avons cherché à comprendre pourquoi cette date, et ils nous ont dit qu’elle ne s’impose pas du tout, et que, ce qu’il faut retenir, c’est qu’on a adopté le principe de suspendre la préparation des élections, mais ça ne peut pas être sine die. Alors, c’est juste une date qui est mis à titre indicatif pour nous amener à prendre conscience de ce qu’on doit rapidement faire les réformes qu’il faut, s’entendre sur un calendrier pour les élections… »,  fait savoir la coordinatrice de la coalition des 14. Avant d’enfoncer le clou: "Je veux mettre en garde Gilbert Bawara, comme nous l’avions signifié hier aux facilitateurs. Quand ils nous ont dit que la date là est une date tout simplement indicative, nous leur avons dit que nous savons à qui nous avons affaire. Dans ce pays, vous nous avez demandé de poser un geste de bonne volonté en acceptant de suspendre les manifestations, ils s’en sont saisis pour en faire une obligation d’interdiction de manifester. Nous ne voulons plus qu’ils transforment la date indicative en une obligation d’organiser les élections avant fin novembre. Et c’est ce qu’ils essayent de faire déjà ".

Comme cela ne suffisait, Jean Pierre Fabre monte à son tour au créneau et avertit : « (…). Il faut que M. Bawara sache que c’est ensemble que nous devrons définir les conditions dans lesquelles on va tout reprendre. Qu’il sache que le travail qui se fait en ce moment en clandestinité ne sera pas connu ». Et dans la déclaration de la coalition lors de leur conférence de presse de repréciser : « Les facilitateurs ont cru devoir donner la fin novembre comme date indicative pour la tenue des élections législatives. La coalition a fait observer d’une part que cette proposition est contradictoire avec la mesure de suspension du processus électoral et d’autre part, la date indicative n’est pas réaliste pour l’organisation d’élections crédibles ». Pour Jean Pierre Fabre, cette date n’engage que les facilitateurs qui ont jugé bon de faire un communiqué.

Réaction

Suite à cette guerre médiatique, de nombreux togolais sont restés loin. Ils se demandent jusqu’à quand ? Depuis le 19 août 2017, le débat politique est relancé suite à l’appel du parti national panafricain (PNP)  pour exiger le retour à la constitution de 92, le vote de la diaspora. Dix mois après, le bilan des manifestations est réel. La population peine à joindre les deux bouts. L’économie nationale a reçu un coup. Au lieu que les acteurs politiques mettent balle à terre  et réfléchissent meux pour soulager le peuple qui ne demande que son pain quotidien, peuple au nom duquel tout le monde parle, on préfère faire de la politique, un débat médiatique alors que l’essentiel est là. Jusqu’à quand ? La question est posée.

La communauté internationale, a invité à plusieurs reprises, les protagonistes à la table de négociations, afin de trouver une solution durable à cette crise qui secoue le pays. C’est la quatrième séance que connait le dialogue démarré le 19 février. Et selon la déclaration liminaire issue des travaux de cette rencontre, les deux facilitateurs examineront en détails, les différentes préoccupations exprimées et feront un rapport au prochain sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO.

Rappelons que le Togo traverse depuis août 2017, une nouvelle crise politique marquée par des manifestations à répétition de la coalition de l’opposition (un ensemble de 14 partis politiques) qui exige notamment le retour à la constitution originelle de 1992, la révision du cadre électoral et l’instauration du droit de vote de la diaspora.

A Yao

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Last modified on Friday, 29 June 2018 12:12

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