Adom Orphé, Vice-Président & Coordonnateur du Collectif des Jeunes pour le Développement (CJD) Adom Orphé, Vice-Président & Coordonnateur du Collectif des Jeunes pour le Développement (CJD)

 Interview exclusive: "La démocratie ne se fait pas dans la rue,la CEDEAO a tout simplement sifflé la fin de la récréation...", Adom Orphée Featured

Written by  Aug 03, 2018

Parlant des recommandations eu égard à la crise qui secoue le Togo, Adom Orphé précise que, étant donné que la démocratie ne se fait pas dans la rue, "a CEDEAO a tout simplement sifflé la fin de la récréation et la fin des jeux politiques et politiciens dans la rue qu’il faille retourner à l’hémicycle.". Lecture.

Quel rôle va jouer la société civile togolaise pour une bonne réussite des recommandations de la Communuaté économique des états de 'lAfrique de l'Ouest (CEDEAO) aux acteurs politiques togolais? La question mérite d'être posée puisque, une partie des recommandations concerne aussi la société civile. Et pour savoir un peu plus, la rédaction de www.togotimes.info a pu joindre au téléphone, Adom Orphé,  Vice-Président & Coordonnateur du Collectif des Jeunes pour le Développement (CJD). Adom Orphé qui regrette le fait que la société civile togolaise n’ait pas été associée à la résolution de la crise, pense tout de même que, la société civile doit jouer pleinement son rôle, celle de veille, de sensibilisation et d’éducation pour l’autonomisation effective de nos populations. 

"Nous devons mener des actions qui sont complémentaires ; nous ne devons pas faire la politique, même si nous attendus pour nous prononcer sur la chose politique. Nos statuts apolitiques nous interdisent de faire la politique", conseille M Adom. Parlant des recommandations eu égard à la crise qui secoue le Togo, Adom Orphé précise que, étant donné que la démocratie ne se fait pas dans la rue, "a CEDEAO a tout simplement sifflé la fin de la récréation et la fin des jeux politiques et politiciens dans la rue qu’il faille retourner à l’hémicycle.". Lecture.

 

Votre impression au lendemain de la publication de la feuille de route de la CEDEAO pour une sortie de crise au Togo.

Adom Orphée : Mon premier sentiment est un sentiment de satisfaction puisque ce que la CEDEAO a dit, c’est ce que nous, au CJD, nous avons toujours demandé. C’était notre souhait que les acteurs politiques puissent retourner à l’hémicycle là où devrait être discuté et s’opérer les réformes et les élus ne devraient en aucun cas quitter le parlement pour la rue.

La démocratie ne se fait pas dans la rue. Donc, la CEDEAO a tout simplement sifflé la fin de la récréation et la fin des jeux politiques et politiciens dans la rue qu’il faille retourner à l’hémicycle.

Les Députés doivent retourner au parlement. Ils ont été élus pour travailler à l’Assemblée nationale, ils ont été élus pour travailler pour le peuple, le peuple au nom duquel ils s’étaient rendus dans la rue.

Il y a des recommandations, et avec lesdites recommandations, il faut qu’ils se concentrent sérieusement et se remettent au boulot pour parachever la question des réformes constitutionnelles et institutionnelles. Ils ont aussi une date butoir, c’est le 20 décembre 2018 pour les élections. Nous osons espérer que nos élus optimiseront ce temps. Fini le dilatoire !

C’est l’occasion de féliciter la CEDEAO qui a fait un très bon travail et c’est l’occasion aussi de féliciter les facilitateurs qui n’ont ménagé aucun effort pour aider notre pays à sortir de cette ornière et actuellement si vous regardez ce qui se passe, c’est que la CEDEAO vient de dire exactement ce qui aurait dû se passer après le 05 Septembre 2017. Il y a eu quand même un avant-projet de loi qui a été adopté par le conseil des ministres puis transmis au parlement. Normalement, les parlementaires avaient une occasion de pouvoir voter les réformes, mais ils ne l’ont pas fait.

L’opposition parlementaire a préféré la rue aux côtés de ceux qui n’ont jamais été élus. Ce que nous avons regretté et constamment condamné. Maintenant, ils sont revenus à la case de départ, grâce à la CEDEAO. Il faut qu’ils se mettent sérieusement au travail au service du peuple.

L’opposition pensait que la CEDEAO viendra mettre fin au règne de Faure Gnassingbé. Selon vous, la feuille de route de cette institution, est-ce une victoire d’un camp sur l’autre ?

C’était vraiment immature voire naïf de croire que les présidents de la CEDEAO peuvent venir ici pour renvoyer un président démocratiquement élu par son peuple en 2015. Nous avons une constitution et la CEDEAO en est bien consciente. Ils ne pouvaient pas outrepasser cette loi et dicter une autre qui ne devait pas l’être. Ce n’était pas leur rôle.

Tout le monde le savait, même si les uns voulaient tromper le peuple, maintenant tout est clair : on ne peut remplacer un président que par les urnes. Le contraire est un coup d’Etat quel qu’en soit la forme non démocratique. Nous sommes contents que les chefs d’Etat ne se sont pas laissés aller à cette intimidation et c’est vraiment naïf de la part des leaders de l’opposition d’avoir cru le contraire.

Victoire d’un camp sur un autre, je dis non. Ici, il n’y a pas une victoire d’un camp sur un autre. Ici, il s’agit de notre pays et de son intérêt supérieur. Et donc, si victoire y devait avoir, c’est la victoire du peuple togolais. C’est le peuple qui gagne enfin. Nous n’avons aucune raison de croire que les réformes ne se feront pas. Avant, il y en a qui trouvait des subterfuges pour se retrouver dans la rue.

Aujourd’hui, ils vont retourner à l’Assemblée Nationale et voter au côté du pouvoir majoritaire. Si les autres ne votent pas au côté de cette majorité, on aura la majorité relative des 2/3 prévisible, car le parti au pouvoir peut obtenir ce score.

La CEDEAO a été claire. Si on n’arrive pas à voter les reformes à l’Assemblée Nationale, il nous reste le référendum et le peuple souverain tranchera à cette occasion, c’est ce que nous autres avons toujours dit ; puisqu’après le 19 août 2017, et le 19 septembre 2017 on devait consulter le peuple par voie référendaire pour trancher définitivement cette question. Nous voulons qu’elle soit tranchée pour qu’enfin notre pays renoue avec les réformes économiques… car nous avons besoin de nous reconcentrer sur le développement socio-économique de notre pays.

Face à la feuille de route, quel sera le rôle de vous la société civile pour la réussite des recommandations de la CEDEAO?

Ce que nous avons constaté jusqu’à maintenant, c’est qu’il y a une frange de la communauté de la société civile qui se soit laissée aller en faisant de la politique à la place des politiciens. Or ce n’est pas le rôle dévolu à la société civile. Nous avons regretté que la société civile togolaise n’ait pas été associée à la résolution de la crise.

Maintenant, il faut qu’elle joue pleinement son rôle, celle de veille, de sensibilisation et d’éducation pour l’autonomisation effective de nos populations.
Nous devons mener des actions qui sont complémentaires ; nous ne devons pas faire la politique, même si nous attendus pour nous prononcer sur la chose politique. Nos statuts apolitiques nous interdisent de faire la politique.

Nous remarquons que, faute de faire notre travail professionnellement, l’on ne clarifie pas le débat et c’est là où une partie de la société civile a failli. C’est regrettable mais ce n’est pas tard. Nous espérons que, la société civile a tiré de bonnes leçons de cette crise.

A présent, il y a des recommandations, y compris à l’endroit de la société civile. La CEDEAO a recommandé de ne poser aucun acte qui mette en danger la paix et la sécurité ni du Togo ni de la sous-région.
Nous nous inscrivons dans cette volonté et appliquerons ces recommandations. Nous allons continuer à sensibiliser et à former les citoyens afin qu’ils soient des citoyens responsables et s’ils veulent s’engager dans la politique, eh bien qu’ils s’y engagent de façon responsable.

Est-ce que le CJD dans ses appels quotidiens, se retrouve dans les recommandations qui sont faites ?

Les recommandations qui sont faites s’adressent à tous, des acteurs politiques à la société civile. Dans toutes les recommandations qui sont faites, oui au CJD, on se retrouve.

Lorsqu’on demande de s’organiser pour aller aux élections le 20 décembre, oui on se retrouve; lorsqu’on demande aux uns et aux autres de s’engager absolument de sorte qu’il n’y ait pas d’actes qui troublent la paix et la sécurité, Oui on se retrouve; et enfin lorsqu’on demande le vote de la diaspora, au CJD, c’est ce que nous faisons. Nous avons créé au CJD, une cellule qui s’appelle "Maison de la Diaspora pour le Développement – MDD".

C’est d’ailleurs cette cellule qui travaille activement pour organiser le mois de la diaspora en septembre prochain du 05 septembre au 05 octobre 2018 sur toute l’étendue du territoire.

Interview tléphonique réalisée par A Yao

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