"Nope Gali" ou la passion de la cuisine du terroir togolais! Featured

Written by  Aug 02, 2018

Depuis un demi-siècle, les restaurants Nope Gali magnifient la cuisine des terroirs togolais. Cette tradition, initiée à l’origine par feue Lucia Adzikou, se poursuit aujourd’hui avec ses enfants.

Le petit immeuble de deux étages est sorti de terre il y a peu, à Doulassamé, au centre de Lomé, la capitale togolaise. Avec son style architectural chic et sobre, il abrite désormais l’établissement Nope Gali Boulevard, l’un des deux restaurants de l’enseigne Nope Gali – une expression qui signifie « Il y a encore de la place » en Ewe, l’une des principales langues du pays – fondée en 1968, à Assivito, dans le sud de la ville, il y a tout juste cinquante ans, par feue Lucia Adzikou. Décédée en 2003, à l’âge de soixante et onze ans, cette grande dame de la cuisine traditionnelle togolaise, a laissé en héritage à deux de ses sept enfants, Gloria Donyo et Ablodé A. Mensah, une marque protégée et désormais connue bien au-delà des frontières du pays – « Nope Gali » – et surtout, une passion communicative pour les arts culinaires africains.

Ici, l’on vient du monde entier, pour savourer ou découvrir la cuisine togolaise du terroir, mais aussi celles venues d’ailleurs. C’est le génie culinaire de nos mères et de nos grands-mères qui se savoure avec cette cuisine exquise, délicieuse et enchanteresse pour les papilles. L’on peut ainsi se régaler avec quelques-uns des plats qui ont fait la réputation de l’enseigne Nope Gali tels que le Gbékui – variété d’épinards –, les sauces gombo et mouton, accompagnées de Fufu, Akoumé – la pâte de maïs – ou encore de riz. C’est aussi une cuisine populaire et accessible au plus grand nombre ; car, comme l’indique l’expression Nope Gali, Il y a encore de la place pour ceux qui souhaitent vivre cette expérience. Et cette cuisine qui se veut ouverte sur le continent, propose également des spécialités sénégalaises comme le Tiebou Dieune – riz au poisson –, ou ivoiriennes telles que le Kédjénou – ragout de viande – avec de l’Attiéké – mets à base de manioc. D’ailleurs, un mois à peine après son ouverture, encore non officielle, le restaurant ne désemplit pas ; et pourtant, quelques détails restent encore à peaufiner, comme le wifi, les écrans plasma…

L’ambition de devenir propriétaires

Le maître des lieux, Ablodé A. Mensah, et son épouse, May Queen de Lima, ne cachent pas leur satisfaction et leur gratitude vis-à-vis des ancêtres. Enfin, ils sont propriétaires du terrain et du bâtiment où ils s’épanouissent professionnellement et en tant qu’êtres humains. Et c’est avec un brin de nostalgie, qu’Ablodé A. Mensah se souvient de ses débuts, en 1987, au bar de l’établissement familial, qui se trouvait alors au lycée de Tokoin, dans le nord de la ville, à l’opposé de l’endroit où sa mère l’avait créé presque vingt ans plus tôt. A l’époque, il avait décidé d’arrêter ses études en deuxième année à la faculté d’histoire géographie de l’université de Lomé, pour se lancer dans la vie active. Quatre ans plus tard, en 1991, avec sa sœur, Gloria Donyo, il crée leur propre restaurant Nope Gali, dans le quartier de Tokoin Hôpital, au nord-ouest de la capitale togolaise. Le succès grandissant de leurs activités, leur permet, à deux ans d’intervalle, de créer chacun son propre établissement : d’abord Nope Gali Boulevard pour Ablodé A. Mensah, situé alors sur le boulevard qui longe la côte atlantique à Lomé, puis, Nope Gali Plage pour Gloria Donyo, qui se trouve toujours sur ce fameux boulevard, en face du Festival des glaces.

Un personnel fidèle et serviable

La bonne marche de leurs affaires, et les tracasseries des propriétaires des murs qui les hébergent, les obligent assez vite à envisager de devenir à leur tour propriétaires. C’est chose faite aujourd’hui pour Ablodé A. Mensah et son épouse May Queen de Lima, et de fort belle manière. Sa société compte actuellement cinquante-et-un salariés, dont certains sont là depuis les premiers mois. C’est le cas de Vicky, serveuse depuis 19 ans, et qui avait été embauchée par nécessité, alors que sa fille n’avait que trois mois. Contrainte de travailler après le départ de son mari pour l’Allemagne, où il espérait alors trouver un emploi, Vicky est restée fidèle à une entreprise et à un couple d’employeurs. Petite, toute menue, avec une voix douce et légèrement éraillée, elle affirme qu’ils sont en quelque sorte ses bienfaiteurs. Et lorsqu’on la voit slalomer avec aisance et agilité entre les tables, l’on se dit qu’une telle employée ne peut qu’être passionnée par ce qu’elle fait. Du reste, c’est l’ensemble du personnel qui se plie en quatre afin de combler les désirs de la clientèle. Certes, l’ouverture officielle ne se fera qu’à la fin du mois d’août prochain. Mais d’ores et déjà, courez-y vite, le plat en vaut le détour !

Par Christian Eboulé, du site ledjely

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