Au Togo, la Société de Patrimoine Eau et Assainissement en milieux Urbain et semi-urbain et la Togolaise des Eaux sont deux institutions autonomes ayant un objectif commun. Elles ont des missions différentes sur le terrain. Lisez plus d’éclaircissements
Qu’est-ce que la SP-Eau ? Pourquoi est-elle créée ? La rédaction de Togotimes est allée à l’information. La Société de Patrimoine Eau Potable et Assainissement en milieu Urbain et semi-urbain (SP-EAU), est une société d’état créée par décret n° 2011-130/PR du 03 août 2011.
Nombreux sont les togolais qui s’interrogent et se demandent, pour quel but, deux institutions appartenant à l’Etat pour un même objectif. Afin de répondre à ces préoccupations, la rédaction est allée à l’information. En réalité, entre la SP-Eau et la TdE, il y a une différence. Elle se trouve dans les missions. Des explications fournies par le directeur général de la SP-Eau, Ludovic Koubonou, il ressort que, la SP-EAU (Concessionnaire) réalise les infrastructures (forages stations de traitements, réseaux etc.) et les donne en exploitation à la TdE (Fermier). Selon ses dires, et la SP-Eau et la TdE ont pour zone d’intervention les milieux urbain et semi-urbain et pour missions:- en qualité de société concessionnaire du patrimoine de l’Etat, la SP-EAU recherche les financements, gère les investissements, assure la maitrise d’ouvrage des projets d’infrastructures et contrôle les délégataires et porte le service de la dette dans le domaine de l’eau et de l’assainissement collectif des eaux usées domestiques en milieux urbain et semi urbain; et -en qualité de société fermière, la TdE est en charge de l’exploitation et de la maintenance des systèmes d’alimentation en eau potable et d’assainissement collectif des eaux usées domestiques en milieux urbain et semi urbain. Comme le montre si bien le
| TdE (Exploitant/Fermier)
Le contrat d’affermage (entré en vigueur le 1er janvier 2015 pour une durée 10 ans) confie à la TdE l’exploitation du Service public de l’eau potable et de l’assainissement collectif des eaux usées en milieu.
Parties prenantes : ÉTAT/SP-EAU/TdE |
SP-EAU (Concessionnaire)
Le contrat de concession (entré en vigueur le 1er janvier 2015 pour une durée 30 ans) confie à la SP-EAU la gestion, le développement du patrimoine de l’État, la recherche du financement et le remboursement du sous-secteur de l’eau potable et de l’assainissement collectif des eaux usées en milieu urbain et semi urbain. Parties prenantes : ÉTAT/SP-EAU |
La création de la SP-EAU est l’un des produits issus de la réforme du secteur de l’eau potable et de l’assainissement collectif des eaux usées domestiques engagée en 1996 par l’état. En effet face au constat que le sous-secteur était dans une situation de déficit et de précarité financière chronique, cette réforme a pour objectif de créer un cadre de gestion autonome, financièrement viable, capable d’assurer à coût abordable l’accès à l’eau potable d’un plus grand nombre de populations togolaises.
La réforme a mis en place un nouveau schéma institutionnel, avec un Concessionnaire, la SP-EAU et un Exploitant, la TdE qui désormais devront assurer le service public d’eau potable et de l’assainissement collectif des eaux usées domestiques performant.

Interrogé sur la longue durée entre l’annonce d’un projet et la disponibilité effective de l’eau pour les populations, M Ludovic Koubonou apporte des éclaircissements.
Selon lui, (…), l’annonce du projet est souvent faite le jour de la signature de la convention de financement. A l’annonce, souvent beaucoup de formalités administratives restent encore à finaliser (les signatures complémentaires, la levée des conditions suspensives.), d’une part, les délais des processus de recrutement des bureaux d’études et des entreprises des travaux, la faiblesse technique des entreprises lors de la réalisation des travaux ».
Par rapport à l’atteinte des objectifs déclinés dans la feuille de route gouvernementale 2025, la SP-Eau se veut rassurante. Et le directeur général tout en reconnaissant, « Oui, nous sommes rassurés que malgré les retards enregistrés sur certaines composantes ». Mais, dit-il, « les objectifs de la feuille de route seront atteints au regard des résultats de la table ronde avec les bailleurs les 1er et 2 décembre 2022 ou des engagements des PTF à hauteur d’environ 395 millions USD ont été pris ».
Contraintes et Perspectives/ Quelles sont vos difficultés ?
Les difficultés sont principalement d’ordre financier. Le secteur se finance sur la vente d’eau et les tarifs actuels remontent à 2002 donc largement dépassés.
Sur l’accès à l’eau potable dans les prochaines années ?
L’accès au réseau public d’eau potable et la pression de service surtout à Lomé va nettement s’améliorer dans les années à venir.
Les perspectives sont de soumettre des requêtes de financements au PTF ordinaires et de contracter avec des partenaires privés un PPP pour la réalisation des travaux relatifs à l’amélioration de la production d’eau (champ captant, barrage sur le Zio, prise sur Mono et le dessalement).
De 2013 à 2022, la société a piloté et exécuté six projets majeurs.
Il s’agit notamment du Projet d’amélioration de l’alimentation en eau potable dans la ville de Lomé -phase 1, financé à hauteur de 4,70 milliards de FCFA par l’Agence française de développement (AFD). Les travaux ont concerné l’équipement, la fourniture de 6 électro-pompes immergées et un groupe électrogène de 1000 KVA, la construction et l’équipement de 10 nouveaux forages, la réhabilitation du centre de Caccavelli (Génie Civil, équipements, fourniture et installation d’un groupe électrogène secours de 1000 KVA de 12 cellules moyenne tension et de 2 transformateurs de 800 KVA), la pose de 21 km de réseaux tous diamètres confondus et l’emplacement de 872 nouveaux compteurs.
Le Projet d’amélioration de l’alimentation en eau potable dans la ville de Lomé, Phase 2 qui a concerné la mobilisation de 16 000 m³/jour supplémentaire, la construction et l’équipement du nouveau Laboratoire d’eau potable et des eaux usées de Cacavelli, la construction de Cinq (05) Châteaux d’eau de 1 300, 400, 200, 100 et 50 m³, la pose d’environ 250 km de réseau de distribution, la pose d’environ 9 km de réseau d’adduction, la réalisation de 8 000 branchements privés) pour un coût global de 9,84 milliards FCFA.
Le Projet d’Alimentation en Eau Potable des centres semi-urbain du Togo qui a concerné la réalisation de 19 forages (Nadoba, 2 forages, Kadjala, 01 forage, Kaboli, 06 forages, Balanka, 06 forages, Morétan, 01 forage, 01 forage à Balanka et 2 forages à Kaboli) pour un montant total de 10,45 milliards FCFA.
Le Programme National de Développement Eau/AFD (2020-2024) d’un coût total de 26 milliards FCFA et qui prévoit la réalisation de 9 forages à gros débits à Kabou et Gando, la pose de 300 km de réseau de distribution reliant 30 agences de la TdE, la réalisation d’un Plan directeur d’AEP pour la ville de Lomé et la réalisation de la bathymétrie des retenues de Kozah et de Notsé.
TGT
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