Le président togolais s’est vu confié une mission lourde qu’il avait déjà anticipé, celle d’accompagner le peuple malien vers une porte de sortie de crise après les sanctions de la Cedéao. Réussira-t-il à gagner cette mission? Trop tôt pour le dire, mais ce que l’on sait, c’est que, le président du Togo était en avance sur le temps et la somme d’expériences acquises est un atout considérable pour lui de parvenir sans trébucher à cette mission.
L’adage africain selon lequel, si la case de ton voisin brûle, il faut aller à son secours pour éteindre le feu est une réalité. Cet adage, l’ex président togolais, feu Gnassingbé Eyadema en avait fait son cheval de bataille. En témoigne ses nombreuses sollicitations dans le règlement de bon nombre de situations dans la sous-région et au delà. Son engagement à aider les autres fait que, le Togo est reconnu comme pays de paix, d’hospitalité. Aujourd’hui, ce bâton de pèlerin est pris par le président Faure Gnassingbé. En témoigne la sollicitation faite par des autorités maliennes qui demande à Faure Gnassingbé de «soutenir l’effort de dialogue malien avec la communauté internationale», et de «prendre des initiatives de facilitation».
I confirm it to you. The President @FEGnassingbe and Togolese government are ready to facilitate a fruitful dialogue between #Mali and International Community . @ecowas_cedeao @_AfricanUnion @UN https://t.co/kk2hKXyNTk
— Robert Dussey (@rdussey) May 4, 2022
Si les lourdes sanctions économiques et financières imposées au Mali depuis pratiquement quatre mois par la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) paralysent tous les secteurs d’activités de notre pays, il faut reconnaitre que, la position du Togo dès le départ est un signal qui ne trompe pas. Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, les novelles autorités sont retournées vers le président du Togo pour qu’il joue le grand rôle. Et Faure Gnassingbé n’a pas décliné l’offre. Il accepte avec humilité jouer ce rôle de rassembleur.
M. Faure Gnassingbé a décidé d’apporter un soutien de taille à la Transition Malienne pour une sortie de crise. C’est dans ce contexte que le Chef de l’Etat malien, le Colonel Assimi Goïta avait envoyé le 04 mai 2022, son ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, M. Abdoulaye Diop chez Faure Gnassingbé. Ce dernier s’investit pour la stabilité, la paix et le retour à l’ordre constitutionnel normal au Mali dès les premières heures de la crise.
Mission anticipée par le Togo
Dès le début de la crise malienne, le Chef de l’Etat s’est fortement impliqué pour une résolution par le dialogue et la concertation entre les acteurs politiques de ce pays frère confronté également à l’insécurité permanente avec des attaques terroristes tout comme certains pays de la sous-région. Sur ce dossier, Faure Gnassingbé est régulièrement consulté en vue d’une issue heureuse des transitions politiques et d’une synergie d’actions dans la lutte contre le terrorisme pour la stabilisation de la sous-région.
« Les perturbations actuelles ne sont qu’une mauvaise parenthèse. Ce sont des situations transitoires qui devront passer et nous sommes obligés de travailler et de discuter avec ceux qui sont aux commandes en ce moment en ayant à l’esprit que ce qui est important, c’est la paix et la sécurité. Personne n’a envie que d’autres peuples souffrent de sanctions », avait déjà plaidé chez son homologue ivoirien.
En acceptant aux autorités du Mali pour rallier ses voisins à sa cause et renforcer son poids diplomatique, notamment face à la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest, le président du Togo dont l’influence au sein de la Cedéao n’est pas négligeable, il s’agit-là d’une confirmation puisque, Faure Gnassingbé avait déjà anticipé sur les évènements. En témoigne son dernier déplacement sur la Cote d’Ivoire.
Avec Alassane Ouattara lors de son déplacement, il avait été on ne plus clair: pour le Président togolais, les Chefs d’État de la sous-région doivent tout faire pour éviter l’impasse d’un côté comme de l’autre et sortir des sentiers battus afin de «réagir avec beaucoup plus d’audace, beaucoup plus de solidarité» aux situations de transition politique et de terrorisme que traversent certains pays de la sous-région.
«La situation est difficile pour des pays comme la Guinée, le Mali, le Burkina Faso, le Niger. Ce sont des pays qui sont très proches et nous sommes les mêmes. Les peuples sont beaucoup plus intégrés que les États. Je suis sûr que dans nos différents pays, les populations vivent douloureusement cette situation», avait dit Faure Gnassingbé à Abidjan
Il faut rappeler que, Lomé avait depuis le début choisi une position souple à l’égard des putschistes maliens, en refusant des sanctions trop lourdes. Faure Gnassingbé s’était aussi discrètement rendu à Bamako fin janvier 2022, pour rencontrer le chef de la junte. Enfin, le Togo appartient depuis février à un groupe de dialogue chargé de faciliter les négociations internationales. Le pays confirme là sa bienveillance, notamment face aux sanctions de la Cédéao qui étranglent l’économie malienne, mais qui ne sont pas sans conséquences pour les Etats voisins.
TGT
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