Au Tchad, le projet de révision technique de la Constitution du 29 décembre 2023 déposé sur la table des élus du peuple est passé comme une lettre à la poste. Ce, malgré les vives réactions au sein de l’opposition parlementaire.
L’ambiance électrique qui avait régné à la séance plénière tendue au Palais de la Démocratie à Gassi, n’a pas freiné les choses. La séance a été une occasion pour les députés d’analyser en détail les recommandations de la commission installée le 5 septembre dernier et présidée par la députée Neloum Mbaïgoto.
Parmi les mesures phares du rapport figure l’extension du mandat présidentiel à sept ans renouvelable, une disposition destinée à «stabiliser les institutions», selon les promoteurs du texte. Par ailleurs, la création d’un poste de vice-Premier ministre est également prévue, afin de renforcer la coordination exécutive et de mieux répondre aux défis sécuritaires et économiques du pays. Deux autres points importants sont l’extension du mandat des députés de cinq à six ans et le financement des campagnes électorales par le trésor public.
Dès les premières heures de la discussion, les débats ont pris une tournure vive. Le rapport, déposé sur le bureau de l’Assemblée, a été soumis au vote après un examen article par article, menant à son adoption par une large majorité des présents.
« Cette révision technique est indispensable pour clarifier et renforcer les pouvoirs du président de la République, en ligne avec les aspirations du peuple tchadien », a déclaré le président de l’Assemblée nationale Ali Kolotou Tchaïmi.
L’adoption n’a pas fait l’unanimité. Mécontents des modifications proposées, notamment de l’article 77 relatif aux fonctions présidentielles, les membres du groupe parlementaire RNDT–Le Réveil ont quitté la salle en signe de protestation, marquant un geste symbolique de leur opposition farouche au processus.
«La priorité des Tchadiens, c’est de trouver des solutions à la cherté de la vie. La priorité est de réduire le fardeau des dépenses ménagères tout en satisfaisant les attentes légitimes des citoyens pour l’approvisionnement en électricité, en eau potable et la création d’emplois pour les jeunes», a indiqué Mahamat Ahmat Lazina, député et membre de ce groupe parlementaire.
Cette révision, adoptée par 171 voix pour, 1 contre et 0 abstention, s’inscrit dans la continuité des réformes lancées depuis l’adoption de la Constitution de la Ve République en 2023, sous l’impulsion du président Mahamat Idriss Déby Itno. Si les partisans y voient une modernisation nécessaire pour consolider la transition post-conflit, les critiques, emmenés par des formations comme le RNDT–Le Réveil, redoutent une concentration accrue des pouvoirs exécutifs au détriment des équilibres démocratiques.



















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