Les coupures intempestives de l’électricité de la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET) sont officiellement dévoilées. Le ministre togolais Mila Aziable l’Énergie a expliqué publiquement les réelles raisons des coupures.
Depuis janvier 2024, Lomé et de ses environs sont touchées par des coupures intempestives de l’électricité. La situation a presque touché tout le territoire. Mais pourquoi des coupures sans arrêt? Au début, la direction de la CEET avait, dans un communiqué, fait savoir que, liait la coupure de l’électricité à « des travaux qui ont démarré depuis le 22 janvie 2024 au Ghana et au Nigéria sur certaines infrastructures de production d’énergie électrique et de gaz naturel,l et qui sont censés de prendre fin le 8 février dernier, se poursuivent ».
Selon la CEET, « les perturbations dans la fourniture de l’énergie électrique que connaissent les quartiers des villes et de certaines localités du territoire national, sont susceptibles de se poursuivre ». Toutefois, la direction de la CEET se veut rassurant et renseigne que, « les équipes techniques de la CEET, de la CEB et des Producteurs sont mobilisées pour atténuer au maximum ces perturbations et pour un retour à la situation normale ».
Alors que la situation n’est pas totalement finie, c’est la ministre Mila AZIABLE qui a rompu publiquement le silence pour situer l’opinion. Elle évoque le manque d’approvisionnement en gaz naturel.
“La crise énergétique qui sévit depuis janvier 2024 dans notre région, principalement due au manque d’approvisionnement en gaz naturel, entraîne des délestages et perturbe nos économies,” avait déclaré la ministre.
« La demande en gaz naturel au Togo est de 35 000 MM BTU par jour, mais les fournitures sont insuffisantes, voire inexistantes par moments, ce qui se traduit par des coûts de production élevés et des coupures fréquentes, » explique-t-elle à l’issue d’une réunion à Lomé du Comité des ministres du Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (GAO). Cette situation, qui survient pendant une période de pic de température, ne touche pas uniquement le Togo mais s’étend aussi aux pays voisins tels que le Bénin et le Ghana.
Lomé, la capitale togolaise a réuni le 02 avril 2024, le Comité des Ministres de l’Autorité du Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (AGAO). Le but poursuivi, c’est de trouver des solutions à la crise énergétique qui impacte négativement les activités socio-économiques dans la sous-région.
Depuis janvier 2024, une crise de l’énergie secoue la région principalement en raison du manque d’approvisionnement en gaz naturel, ce qui est à l’origine des séquences de délestages auxquelles font face les pays membres dont le Togo. Une situation qui n’est pas sans conséquence majeure sur le vécu quotidien des citoyens et des entreprises.
« La crise énergétique que connaît actuellement notre sous-région pèse lourdement sur nos pays. Ce déficit énergétique a un impact significatif sur nos économies et le bien-être de nos concitoyens (…). Il en va de même pour nos voisins du Bénin et du Ghana”, a indiqué Mme la ministre.
Selon elle, « les difficultés rencontrées depuis la mise en service du projet en novembre 2011 notamment les aléas maritimes, la déclaration de force majeure entre 2013 et 2020 ainsi que les contraintes financières ont considérablement impacté les performances du GAO. Face à cette situation, le comité des ministres, plus haute instance de gouvernance du projet a judicieusement trouvé une solution entre tous les acteurs du GAO et du WAPCo (West African Gas Pipeline Company) l’opérateur du réseau et les institutions étatiques ».
En dépit de ces difficultés récurrentes, les États de la CEDEAO continuent de miser sur le GAO. “En réponse, pour l’année 2024, l’AGAO se concentrera sur la sécurité de l’approvisionnement, l’inspection du gazoduc, l’élaboration d’un nouveau plan stratégique sur cinq ans, ainsi que sur la promotion et la gestion du projet GAO,” a soutenu la ministre Mila Aziable jeudi 04 avril 2024. Cependant, d’aucuns pensent qu’il “faut impérativement investir dans un terminal d’importation et de regazéification de GNL. Surtout pour les pays traversés par le WAGP : Bénin, Togo et Ghana (en cours)”. Un projet de ce genre avait été annoncé également au Togo en 2018, avec la Guinée Équatoriale, important producteur de GNL.
“Il est évident que le Nigeria ne peut pas satisfaire notre demande en gaz. C’est une piste à ne pas négliger,” ajoute notre consultant.
La diversification des sources d’énergie apparaît comme une solution viable, mais elle nécessite des investissements substantiels en infrastructure, un processus qui pourrait s’avérer long. En effet, le projet GAO a lui-même nécessité plus de 28 ans pour passer de l’annonce à la concrétisation, et d’autres initiatives similaires ont connu des délais comparables ou ne sont toujours pas entrées en service. Avec la récente découverte de plusieurs gisements de gaz naturel, tels que Baleine et Calao, dans son bassin sédimentaire, la Côte d’Ivoire ne manque pas d’ambition de se brancher sur le pipeline ouest-africain afin d’offrir ses propres ressources gazières. Là encore, les investissements devraient être importants.
Les solutions envisagées par l’AGAO face à la crise énergétique
Face à la crise énergétique actuelle, l’AGAO ne compte pas rester indifférent. Il veut trouver des solutions adéquates pour pallier ce déficit. Ainsi, pour l’année 2024, un accent particulier sera mis sur la sécurité de l’approvisionnement. WAPCo, l’opérateur du gazoduc, devra garantir des services de transport de gaz sûrs et fiables.
S’agissant de l’aspect commercial, l’approvisionnement en gaz en provenance de l’Est devrait augmenter suite à la fin des activités de maintenance des fournisseurs de gaz. Aussi, le Conseil des Ministres de l’énergie des quatre pays a-t-il demandé que « des mesures urgentes » soient prises pour augmenter l’approvisionnement en gaz du Nigeria et a invité WAPCo à fournir un plan pour améliorer la livraison de gaz. A cet effet, le Ministre nigérian, M. EKPERIKPE EKPO, a assuré ses collègues que des mesures seront prises pour garantir la disponibilité du gaz au Nigeria et l’amélioration constante de l’approvisionnement en gaz du gazoduc.
TGT
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