Les députés à l’hémicycle adoptent la proposition de loi portant révision de la Constitution déposée leur table à la majorité de plus de 4/5 de ses membres. Une adoption qui fait réagir la hiérarchie de l’Eglise Catholique réunis au sein de conférence des évêques du Togo. Ces derniers, après réflexion sur le sujet et ses conséquences sur la vie sociopolitique du Togo, exhortent M Faure Gnassingbé « à surseoir la promulgation de la nouvelle constitution et à engager un dialogue politique inclusif, après les résultats des prochaines élections législatives et régionales ».
Les évêques du Togo sont sortis de leur carapace pour aborder du suejt qui touche la vie de la nation togolaise: la la proposition de loi portant révision de la Constitution. Alors qu’ils se sont réunis en virtuel sur la proposition de loi portant révision de la constitution, les évêques ont poussé la réflexion sur 3 points. Entre autres points, l’opportunité ou non de faire cette modification; l’opportunité ou non du moment choisi et la procédure adoptée.
Dans une déclaration au lendemain de l’adoption par les parlementaires du projet de révision, la CET s’interroge tout en se demandant: « Qu’apportera-t-elle de mieux à notre marche commune et à notre vie sociopolitique? Est-il opportun qu’une modification constitutionnelle soit organisée en cette période où les Députés eux-mêmes sont préoccupés par la campagne électorale qui commence très bientôt? Ne serait-il pas plus sage de la reporter à une date ultérieure, pour des travaux plus sereins ? un sujet aussi important qui va profondément changer la vie politique de notre pays ne devrait-il pas être précédé d’une large consultation et d’un débat national plus inclusif ? ».
Après avoir penché longuement sur le sujet et ses conséquences sur la vie sociopolitique de notre pays, les évêques de la CET dans leur déclaration, exhorter le président togolais Faure Gnassingbé à surseoir la promulgation de la nouvelle constitution et à engager un dialogue politique inclusif, après les résultats des prochaines élections législatives et régionales.

« Voilà pourquoi, nous, Evêques catholiques du Togo, venons par la présente déclaration exhorter le Chef de l’Etat à surseoir la promulgation de la nouvelle constitution et à engager un dialogue politique inclusif, après les résultats des prochaines élections législatives et régionales. En comptant sur le bon sens, l’amour de la Patrie et l’engagement patriote de tous, nous vous assurons de notre paternelle prière en cette Semaine Sainte qui nous conduit vers la joie de Pâques« , écrit les évêques.
Le projet de révision de la constitution togolaise alimente les discussions. Et les avis sont partagés. Les Organisations de la civile (OSC), les formations politiques de l’opposition ne sont pas d’accords sur le projet.Au même moment, des professeurs et autres avocats ne voient aucun mal dans la révision.
Pour le gouvernement, la révision s’appuie sur l’article 144 alinéa 1 de la Constitution togolaise.
Au parlement le 25 mars dernier, Pacôme Yawovi Missiamé Amenyo Adjourouvi, ministre des droits de l’Homme, de la formation à la citoyenneté et des relations avec les institutions de la République, a indiqué que, la démarche entreprise trouve son fondement dans l’article 144 alinéa 1 de la Constitution togolaise qui dispose que : «l’initiative de révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République et à 1/5 des députés composant l’Assemblée nationale » ; il s’agit de réajuster les textes pour éviter de s’enfermer dans un carcan immuable mais de s’adapter, entre autres, aux évolutions sociologiques, politiques pour proposer le passage d’un régime présidentiel au régime parlementaire mais surtout, d’apporter un nouvel élan dans la gestion de la chose publique ».
Réadapter la loi fondamentale aux réalités actuelles et aux inspirations profondes des populations.
A ce titre, la révision consacre des changements notables notamment, le passage de la IVe République à la Ve République et du régime fort présidentialisé au régime parlementaire, la mise en place d’un Président du conseil des ministres élu par l’Assemblée nationale, la consécration des droits et devoirs dans une déclaration solennelle des droits et devoirs fondamentaux, l’érection de la Haute Autorité pour la transparence, la lutte contre la corruption et l’intégrité de la vie publique, la refonte de la justice ordinaire et des autorités constitutionnelles indépendantes, la suppression de la Cour suprême, la mise en place du Protecteur du citoyen en lieu et place du Médiateur de la République.

Ces différentes révisions constitutionnelles, bien qu’elles ont changé de fond en comble le paysage politique togolais méritent d’être revues à nouveau. Cette revue s’impose à plus d’un titre afin de clarifier et renforcer la stabilité juridique, de garantir la stabilité et la continuité de l’état de droit, de créer des bases solides pour la participation et l’inclusion citoyenne aux politiques ainsi qu’à la gestion de la chose publique, d’organiser la République et les pouvoirs en fonction de l’évolution et des réalités de l’intégration sous régionale de notre pays et enfin de protéger et renforcer les droits et libertés fondamentaux des citoyens.
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