Nous, universitaires et militants des droits de l’homme originaires de divers pays européens, soumettons respectueusement cette déclaration suite à notre visite et à notre rencontre avec le président Lee Man-hee et des représentants des autorités concernées le 6 août.
Trois d’entre nous ont rencontré le président à son lieu de détention. En tant qu’universitaires, nous étudions Shincheonji depuis de nombreuses années : l’un d’entre nous a interviewé à plusieurs reprises le président Lee et a publié des ouvrages faisant largement référence sur le mouvement ; d’autres ont réalisé des études monographiques sur son développement missionnaire international dans plusieurs pays.
Nous avons le plus profond respect pour les institutions démocratiques de la République de Corée et n’avons aucune intention d’interférer avec le fonctionnement de son système judiciaire.
Nous constatons cependant que l’affaire contre le président Lee se déroule dans un contexte où la représentation médiatique de Shincheonji comme une « secte » s’appuie souvent sur des discours polémiques d’opposants religieux qui la dénoncent comme une « hérésie », tout en ignorant les conclusions de la recherche universitaire.
Nous constatons également que la législation coréenne relative à la participation politique du clergé est parmi les plus restrictives au monde et pourrait être difficilement compatible avec les normes internationales affirmant le droit des croyants à participer à la vie politique.
Dans plusieurs pays démocratiques, il existe des partis politiques inspirés par des organisations religieuses, et les États-Unis envisagent actuellement de supprimer les dispositions limitant le droit du clergé à soutenir des candidats.
Le président Lee est âgé de 95 ans. Dans l’Union européenne, dont je suis originaire, la détention provisoire des prévenus âgés est considérée comme une mesure exceptionnelle, autorisée uniquement en cas d’allégations de crimes violents – ce qui n’est pas le cas ici.
Dans des situations comparables, les prévenus sont assignés à résidence. Cette approche est conforme aux Règles Mandela et aux autres normes des Nations Unies.
Pour des raisons humanitaires, et conformément aux principes internationaux protégeant les prévenus âgés, il demande respectueusement la libération immédiate du président Lee afin qu’il puisse être jugé sans être détenu.
Signé _______________________________
Hans Noot Directeur adjoint, Droits humains sans frontières (DHSF) _______________________________
Prof. Massimo Introvigne Directeur général et rédacteur en chef, CESNUR et Bitter Winter _______________________________
Thierry Valle Président, CAP-LC



















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