Un usage excessif du téléphone peut conduire à la nomophobie, un trouble caractérisé par la peur ou l’inquiétude de se retrouver sans son téléphone portable ou dans l’incapacité de l’utiliser. Ce trouble fait partie des troubles liés à la santé mentale lorsqu’on utilise de façon abusive le téléphone.
La nomophobie se définit comme la peur ou l’inquiétude éprouvée par une personne à l’idée de se retrouver sans son téléphone portable ou dans l’incapacité de l’utiliser. Elle touche, dans la plupart des cas, les jeunes qui passent plusieurs heures par jour sur leur smartphone. Ses manifestations présentent plusieurs similitudes avec les addictions, marquées par une véritable angoisse ou anxiété chez les personnes privées de leur téléphone portable.
Les nouvelles technologies ne sont pas sans conséquence sur la vie quotidienne, surtout lorsqu’on en fait un usage incontrôlé. C’est le cas du téléphone portable, devenu au fil du temps un outil incontournable. Dans presque tous les domaines, le téléphone occupe une place importante. Au marché, par exemple, le commerçant peut l’utiliser comme une seconde boutique qu’il gère à distance. Dans le domaine de l’enseignement, les apprenants en ont besoin pour effectuer des recherches complémentaires au cours donné par l’enseignant. Dans les services, par exemple, la digitalisation a facilité les démarches des usagers et le travail des fonctionnaires.
Mais une question demeure : quel usage fait-on aujourd’hui du téléphone ?
Intervenant sur RTEE Kivu au sujet de la nomophobie, Erasme Kakirania, psychiatre, apporte des précisions et appelle à un usage responsable du téléphone. Pour le psychiatre, le téléphone est un outil indispensable dans notre société. Cependant, dira-t-il, l’utilisation abusive de cet outil peut être source de différents problèmes.

« Le téléphone est devenu un outil indispensable dans notre société, mais son utilisation abusive peut exposer à différents problèmes. Nous pouvons notamment observer une dépendance, des perturbations du sommeil et même des incompréhensions au sein de certains foyers. Il est donc important que chacun puisse reconnaître les signes d’un usage excessif et prendre les dispositions nécessaires pour préserver sa santé mentale et ses relations avec les autres », a conseillé le psychiatre Erasme Kakirania.
En France, par exemple, des études mettaient déjà en évidence les effets négatifs de l’utilisation excessive des smartphones. À Lomé, TOGOTIMES a posé la question et il ressort que quatre personnes sur cinq interrogées avouent que se passer de leur téléphone, ne serait-ce que pendant une heure, leur est impossible.
« Je ne peux pas laisser mon téléphone pour une heure de temps. Je ne peux pas », a avoué Fulbertine, responsable dans une société dont elle n’a pas voulu que le nom soit révélé.
« À l’école, je n’arrive pas à suivre l’enseignant, explique Céline. En cause, selon elle, l’absence de son téléphone à ses côtés. « C’est comme si j’avais oublié quelque chose. Lorsque le coup de sifflet sonne pour la récréation, c’est comme si un poids s’était levé sur ma tête. Et dès que je sors, je me précipite sur mon téléphone pour lire les messages sur TikTok, Facebook, WhatsApp, etc. », nous explique, à bâtons rompus, Mlle Céline, en classe de Première dans un établissement.
À la question de savoir si cette situation va se reproduire au cours de cette nouvelle année, elle sourit et nous confie : « C’est normal. »
Parmi nos interviewés, seule Clarisse, revendeuse de pagnes au Grand marché de Lomé, affirme utiliser son téléphone pour augmenter ses recettes. Depuis sa boutique au Grand marché, elle expose ses pagnes sur TikTok, etc. Pour elle, une fois à la maison, elle consacre son temps à sa famille et son mari.
La dépendance excessive au téléphone ne provoque pas seulement la nomophobie. D’autres problèmes de santé peuvent également être constatés. On peut citer, entre autres, la fatigue visuelle à cause de l’exposition à la lumière bleue pendant une longue durée ; le stress qui peut contribuer à réduire l’espérance de vie.
En guise de conseil, le psychiatre Erasme Kakirania appelle à une bonne utilisation du téléphone et à ce que les uns et les autres puissent prendre les dispositions nécessaires pour préserver leur santé mentale et leurs relations avec les autres.
Il recommande aux personnes qui constatent une dépendance ou des troubles liés à l’usage du téléphone de ne pas banaliser la situation. Il les encourage à consulter des professionnels de santé mentale afin de bénéficier d’un accompagnement adapté.
« Lorsqu’une personne constate que le téléphone commence à contrôler son quotidien, qu’elle ne peut plus s’en séparer ou que son utilisation perturbe son sommeil et ses relations, elle doit chercher de l’aide. Les consultations auprès des spécialistes de la santé mentale permettent d’évaluer la situation, de prévenir l’aggravation des troubles et d’accompagner la personne vers un usage plus équilibré du téléphone », a conseillé Erasme Kakirania.
Par A L
Togotimes, L’information en temps réel





















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