Le vote du parlement sénégalais sur le report de l’élection présidentielle du 25 février n’est pas légitime selon Washington dans un communiqué. C’est la réaction la plus critique à ce jour d’un important partenaire face à la grave crise politique en cours. Le vote dira les Etats-Unis, « ne peut être considéré comme légitime »
La diplomatie américaine «demande instamment au gouvernement du Sénégal d’organiser l’élection présidentielle conformément à la Constitution et aux lois élecorales
«Les Etats-Unis sont profondément préoccupés par les mesures prises pour repousser l’élection présidentielle du 25 février au Sénégal, et qui vont à l’encontre de la forte tradition démocratique» du pays, a affirmé le Département d’Etat dans un communiqué.
Ils sont « particulièrement alarmés » par les conditions dans lesquelles les députés ont entériné lundi ce report décrété de facto par le président Sall deux jours plus tôt et par l’évacuation de force par les gendarmes des parlementaires qui s’opposaient au vote, dit le Département d’Etat.
Il s’agit de la réaction la plus tranchée à ce jour d’un allié du Sénégal devant une modification de dernière minute du calendrier qui a suscité une indignation largement répandue au Sénégal, des cris de « coup d’Etat constitutionnel » de la part de l’opposition, et l’inquiétude d’un certain nombre de partenaires étrangers.
L’organisation ouest-africaine Cedeao, dont le Sénégal est membre et au sein de laquelle il a constamment plaidé pour le respect de l’ordre constitutionnel dans les autres pays, l’a encouragé à « prendre de toute urgence les mesures nécessaires pour rétablir le calendrier électoral ».
Pour la première fois, les Sénégalais, qui devaient élire leur cinquième président le 25 février, le feront presque dix mois plus tard que prévu, si les choses ne changent pas encore d’ici là.
Le vote de l’Assemblée lundi soir parachève pour le moment l’une des plus graves crises institutionnelles qu’ait connues depuis l’indépendance en 1960 ce pays volontiers vanté pour sa stabilité et sa pratique démocratique dans une région troublée.
L’adoption de la proposition par une alliance de députés du camp présidentiel et de partisans du candidat Karim Wade, disqualifié par la Cour constitutionnelle, a plongé le pays dans une grande fébrilité et la crainte de nouveaux troubles, après ceux meurtriers de mars 2021 et juin 2023.
TGT avec Afp
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