Pour la présidentielle prochaine au Cameroun, Maurice Kamto ne sera dans la course.Et pour cause. ELECAM a provisoirement retenus 13 candidatures sur les 83 dossiers déposés. Parmi les grands absents, le Professeur Maurice Kamto, homme politique considéré comme principal challengeur du président sortant, Paul Biya. Sa candidature a été rejetée, selon le MANIDEM qui parle de provocation. Quelles en sont les implications ?
Le dossier de Maurice Kamto avait été déposé le 18 juillet dernier. Il a été rejeté par ELECAM. Erik Essousse, le directeur général des élections évoque la «pluralité d’investiture». Cette décision découle d’un imbroglio administratif autour de la désignation de Kamto par le parti Manidem, dont il est membre depuis sa démission du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). L’opposant a été investi par le Manidem, mais la candidature de Dieudonné Yebga, issu du même parti, a également été déposée, ce qui a contribué au rejet des deux candidatures.
Une fraude numérique orchestrée contre Kamto par ATANGA NJI selon une fuite
L’affaire secoue les fondations de la vie politique camerounaise. Selon une fuite audio devenue virale, Dieudonné Yebga y révèle avoir modifié les données officielles du ministère de l’Administration territoriale avec l’accord explicite d’ATANGA NJI, ministre en fonction. L’objectif présumé : remplacer la direction officielle du parti MANIDEM par un faux bureau favorable à Yebga, afin de créer une irrégularité politique et bloquer la candidature de Maurice Kamto à l’élection présidentielle.
Cette manœuvre numérique s’est concentrée exclusivement sur les données des dirigeants du MANIDEM, sans que le site du ministère ne montre de trace de piratage externe, contrairement à ce qu’a affirmé ATANGA NJI. L’explication fournie par le ministre, selon laquelle le site aurait été compromis par des forces extérieures, est ainsi démentie par les propres aveux de Yebga dans cet enregistrement. Il affirme avoir agi de l’intérieur, avec les accès et la complicité du pouvoir en place.
MEVOA Jean Benoît Bénéfice, membre connu du MANIDEM et interlocuteur de Yebga dans l’enregistrement, est aujourd’hui au cœur de cette affaire. Dans une vidéo récemment publiée, il déclare que son nom a été ajouté sans son consentement sur le site du ministère, dans ce qu’il qualifie de tentative de manipulation politique. Cette déclaration corrobore les propos de Yebga, et donne un poids supplémentaire à l’hypothèse d’une fraude institutionnelle planifiée.
L’épisode soulève une fois de plus la question de l’instrumentalisation des outils numériques d’État à des fins partisanes. Ce qui aurait pu passer pour une simple guerre interne entre partis devient un révélateur brutal de l’état du système électoral au Cameroun. L’idée qu’un ministre puisse donner l’ordre de modifier les structures officielles d’un parti opposant pour disqualifier une candidature électorale soulève de profondes inquiétudes quant au respect des droits démocratiques.
Le silence officiel qui entoure désormais l’affaire, combiné à la recherche active de MEVOA par les forces de sécurité, entretient un climat de suspicion et d’opacité. De nombreux citoyens et observateurs s’interrogent : si le système électoral repose sur des bases aussi facilement manipulables, quelle est la valeur du scrutin lui-même ? L’affaire ATANGA NJI – YEBGA – MANIDEM – KAMTO est peut-être le signe le plus clair à ce jour d’un verrouillage politique orchestré depuis les plus hautes sphères de l’État.
Avec Camer
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