Face à l’ampleur silencieuse mais dévastatrice du phénomène de déplacement forcé, le Togo tente de renforcer sa résilience communautaire. Tandis que les déplacements forcés se multiplient dans le nord du Togo, laissant derrière eux des vies déracinées et des communautés fragilisées, les acteurs humanitaires et institutionnels se mobilisent pour repenser leur stratégie.
Ce mercredi s’est ouvert à Lomé un atelier national de deux jours, placé sous la houlette du Programme d’Urgence pour la Résilience et la Sécurité des communautés (PURS), en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), Plan International Togo, et plusieurs organisations de la société civile. Objectif : mettre à jour le Plan de réponse conjoint du Golfe de Guinée, chapitre Togo, un an après sa validation.
Un an après l’adoption du document stratégique, les parties prenantes se retrouvent pour faire le point et ajuster leurs approches face à une crise qui évolue rapidement. Au cœur des échanges : l’impact des déplacements forcés sur près de 1.900 personnes gravement affectées dans le pays, en particulier dans les régions des Savanes, de la Kara et du Centre, zones en proie à des tensions sécuritaires croissantes.

« L’actualisation du plan conjoint n’est pas un simple exercice de réécriture. C’est un moment stratégique pour réinterroger les hypothèses, ajuster les priorités, renforcer la complémentarité des interventions et surtout recentrer nos efforts sur les attentes réelles des populations affectées », a déclaré le Colonel Amadou Bassirou, assistant exécutif au PURS, représentant du coordonnateur général du programme.
Les effets du déplacement ne se limitent pas à la mobilité des personnes : ils ébranlent les fondations mêmes du tissu social, compromettent l’accès aux services de base, et fragilisent les capacités locales de résilience. C’est pourquoi cet atelier de deux jours se veut un moment crucial pour affiner les réponses à une crise aux multiples facettes.
Lancé dans la foulée d’une évaluation multisectorielle des besoins, le Plan de réponse conjoint est le fruit d’une démarche méthodique, fondée sur la concertation et la participation des communautés affectées.
« Cette rencontre est une volonté partagée de faire face avec méthode et solidarité, aux défis complexes posés par la crise sécuritaire et humanitaire. Cet atelier s’inscrit dans la continuité logique du processus que nous avons engagé ensemble (…). Ce travail rigoureux, participatif et inclusif nous a permis de disposer aujourd’hui d’une base de données fiable, partagée par tous les acteurs, qui doit désormais nous guider », a poursuivi le Colonel Bassirou.
L’atelier devra déboucher sur des orientations actualisées permettant une réponse plus efficace, coordonnée et humaine. Dans un contexte régional tendu, où les conflits transfrontaliers, le terrorisme et les changements climatiques aggravent la vulnérabilité des populations, le Togo veut éviter les réponses fragmentées et insuffisantes.
M.AZ
Togotimes, L’information en temps reel





















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